mardi 6 octobre 2020

Un gouvernement de transition au Mali depuis le 5 octobre 2020

 

Le Mali son nouveau gouvernement mis en place selon le décret 2020-0074/PTRM du 05 octobre 2020

 

premier ministre Moctar Ouane mène la transition dans la paix

         Les membres du gouvernement récemment nommés, plus précisément, le 5 octobre 2020 par le Premier Ministre Moctar Ouane et le Président de transition, Bâ ndaw :

 

1. Ministre de la Défense et des anciens Combattants : Col Sadio Camara

2. Ministre de la Justice, garde des Sceaux : Mohamed Sida Dicko

3. Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation : Lt Col Abdoulaye Maiga

4. Ministre de la Sécurité et de la Protection civile : Col Modibo Koné

5. Ministre la Réconciliation nationale : Col Major Ismaël Wagué

6. Ministre de la refondation de l’Etat chargé des relations avec les institutions : M. Mohamed Coulibaly

 

7. Ministre des transports et des infrastructures :  M. Makan Fily Dabo

8. Ministre des affaires étrangères et de la Coopération internationale : M. Zeyni Moulaye

9. Ministre de l’économie et des Finances : M. Alfousseyni Sanou

10. Ministre des affaires foncières, de l’urbanisme et de l’habitat : M. Dionké Diarra

11. Ministre de l’industrie, du commerce et de la promotion des investissements : M. Arouna Niang

 

12. Ministre de la communication et de l’économie numérique : Dr Hamadoun Touré

13. Ministre de la culture, de l’artisanat et du tourisme : Mme Kadiatou Konaré

14. Ministre de l’éducation nationale : Pr Doulaye Konaté

15. Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Pr Amadou Keïta

16. Ministre de la santé et du développement social : Dr Fanta Siby

17. Ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche : M. Mahmoud Ould Mohamed

18. Ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine : Al Hamdou Ag Ilène

19. Ministre du Travail et de la Fonction publique - PPG: Me Harouna Mahamadou Touréh

20. Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle : M. Mohamed Salia Touré

21. Ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable : Mme Bernadette Keïta

 

22. Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille : Mme Bintou Founé Samaké

23. Ministre des Mines, de l’Energie et l’eau :  M. Lamine Seydou Traoré

24. Ministre de la Jeunesse et des Sports : M. Moussa Ag Attaher

25. Ministre des Affaires religieuses et du Culte :  Dr Mahamadou Koné.

 

 

Idrissa Keita

Thérèse Diatta Ngoboh

 

 












 

lundi 5 octobre 2020

Le Mali en phase de transition

 

L’ex première dame Adam Bâ Konaré s’exprime. 



         Adam Bâ Konaré pour le Mali humble et digne
 

L’épouse du Président Alpha Oumar Konaré (Alpha Oumar Konaré, Président de la République du Mali de 1992 à 2002) est sortie du silence via une tribune. Si elle évoque les similitudes avec la transition de 1992, ADAM fera mention du combat de Mahmoud Dicko à l’endroit du Président déchu IBK(Ibrahim Boubacar Keita).
 

  

Adam Bâ Konaré a été bluffée par l'aspect pacifique du putsch du 18 août  2020 : aucun crépitement d’arme, aucune menace sur le chef de l’Etat n’ont été enregistrés. « Les images que l’on a vues semblaient irréelles. Pas une goutte de sang versée, pas un cheveu arraché, aucun bruit. Seulement le tohu-bohu ambiant de la foule agglutinée devant le domicile privé du président de la République, sinon le calme, sidéral, olympien » lance-t-elle d’emblée pour camper le décor.   

  

Elle fera des similitudes sur la forme avec la junte conduite par Amadou Toumani Touré , 30 ans plutôt : « La junte militaire s’est donnée le nom de Comité national pour le Salut du Peuple (CNSP), conduite par un Colonel, Assimi Goita, et dit avoir parachevé l’œuvre du M5-RFP, comme le 26 mars 1991, où le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) de Amadou Toumani Touré alias ATT avait dit parachever l’œuvre du Mouvement démocratique. »  


 
Cette fenêtre historique, Mme Konaré l’attribue au Mouvement du 5 juin- Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP), qui a ouvert la brèche en acculant un pouvoir arrivé à bout de souffle, si jamais souffle il a eu.

 

Confirmant que l’ex Premier Ministre de son époux avait agité le spectre d’un État islamique, au sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO tenu à Niamey le 27 juillet 2010, Adam Bâ Konaré dédouanera Mahmoud Dicko. Elle dira même qu’il n’a jamais parlé de guerre sainte, ni placé son mouvement sous le signe de l’Islam. Pourtant, elle préviendra que ce dernier n’est pas un religieux banal car alterne l’imam et le politique, le sage et l’insurgé.  


 
Ce dernier a affirmé avoir transformé les mosquées en lieux de campagne électorale pour  en 2013. «  Il dit et se dédit, entre et sort, part et revient, revient et repart, tantôt caustique, tantôt émoussé, mais toujours, en appelant à la sagesse, au calme, à la non-violence, à ne pas mettre à feu le Mali, à rentrer à la maison sans faire de casses, des directives qu’un de ses lieutenants, Choguel Maiga, responsable de parti politique pourtant, jugera comme relevant d’une haute stratégie politique, d’une grande tactique.


Adam Bâ évoquera la réhabilitation de Moussa Traoré. La visite du CNSP auprès du défunt Général, l’avait interpellé car au fil des débats de la junte et du traitement réservé, la situation fut convulsant à ses yeux : Un deuil national de trois jours, les drapeaux mis en berne, et des funérailles nationales organisées, le vendredi 18 septembre en hommage à celui qui fera 23 ans à Koulouba, Mali.


 
L’ex first lady rappellera que feu Moussa Traoré a été gracié par son époux en 2002, mais aucunement amnistié pour ses fautes, en l’occurrence les « crimes économiques » et les « crimes de sang » perpétrés contre le peuple au mois de mars 1991. Elle ira plus loin en précisant que le Général-président s’est refusé de demander pardon au peuple, bien qu’il fût dédouané par IBK, le jour de son investiture en Septembre 2013.  Ce qu’elle qualifie de ‘’mécanisme de blanchiment’’ en justifiant avec les nombreux acteurs du mouvement démocratique de mars 1991- qui affluaient vers GMT. 

 
 Aucune allusion à son statut d’ancien président de la République et ceux qui ont assisté à son enterrement ont été dispersés à coup de grenade lacrymogène, certains emprisonnés, d’autres obligés de s’expatrier. Adam Bâ rappellera qu’il a été refusé à sa veuve Mariam Travélé, de porter le deuil. Il reste donc à organiser des funérailles nationales pour le père de notre indépendance, Modibo Kéita.

 Par contre , elle ira au constat que le mouvement démocratique de 1991 est devenu un mouvement giratoire des tourbillons du pouvoir, désespérément atone et livide par ces temps de crise morale. Autrement dit , ce n’est plus qu’un cinglant revers du fait des orientations prises par ces acteurs désormais désavoués. 


  Malgré le délai de 18 mois qu’on dit raisonnables pour ces prochaines élections, Mme Konaré prévient qu’elles ne seront nullement crédibles et transparentes tant que le même logiciel continuera à les organiser. Dans son viseur , le ministère de l’administration territoriale , la CENI et la DGE qui avec le temps, montré leur limite via leur mode de désignation, de même que leurs accointances avec l’Exécutif.
 


  Les choix de la transition sous Bah N’Daw devraient être clairs et sans équivoque en plus de prévoir une clarification institutionnelle qui s’impose. Notamment au sujet des autorités morales – religieux et chefs traditionnels afin de définir leur statut.

 

A Bah N’Daw , l’épouse d’Alpha Oumar Konaré donne sa lecture du Mali nouveau en déclarant : « Faisons de ce temps de transition un temps de travail, de désintéressement, de rigueur et d’humilité, un temps de vertu. De grâce ! Renonçons à toutes ces cérémonies, festivités et commémorations budgétivores et tapageuses, à tous ces cortèges officiels de nos voitures à tous, grosses cylindrées ou petites, motards, pick-up, véritables bolides spectaculaires, lancés sur nos voies à hurle-vent, sirènes stridentes et dérangeantes, héritage répréhensible d’un pouvoir obnubilé par le m’as-tu vu et le plein-la-vue, l’impressionnisme en un mot. Tenez-nous en au minimum protocolaire et sécuritaire, cravatés ou gros-boubous, galonnés ou grosses-bottes, gros-foulards, perruques ou longs-talonnées, c’est comme on veut. La grandeur réside dans la simplicité. Moins on est visible, plus on est vu ! La clarté éblouissante du pouvoir attire inexorablement son contraire : l’obscurité sépulcrale » 


 
L’humilité sera donc son mot de la fin, afin que le Mali étonne le monde. Une sortie d’Adam Bâ Konaré qui va encore faire des remous dans l’arène politique mais aussi militaire cette fois vu les acteurs ciblés par sa tribune.  

 

Propos recueillis par Idrissa Keita

 

Thérèse Diatta Ngoboh

 

 

 

dimanche 4 octobre 2020

Composition du gouvernement de transition malien en cours

 

Dessous de la composition du gouvernement de transition malien

 

                            Bah Ndaw, président de la transition au Mali

Suite à la nomination de Moctar Ouane, premier ministre de la

Moctar Ouane, premier ministre de la transition au Mali
transition au Mali, Idrissa Keita, rédacteur en chef de malizine.com nous dévoile les dessous de la composition du gouvernement de transition, bientôt mis en place par le premier ministre, Moctar Ouane et le président de la transition Bah Ndaw :
Colonel Assimi Goïta, vice-président de la transition au Mali

 

                         Idrissa Keita

Dans la foulée de la nomination du titulaire de la Primature, la junte malienne agit en sourdine. Les membres du CNSP mettent la pression pour avoir le statut de Général. Une anticipation qui montre bien qu’ils ont retenu les leçons de 2012 avec leurs aînés d’alors qui furent mis aux arrêts pour des galons attribués par celui qui avait conduit le putsch d’alors.  


  

Malgré l’investiture du président de la transition, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) maintient ses sanctions. Si elle exige la libération des leaders détenus dans la foulée du Coup d’Etat, le CNSP (comité national pour le salut du peuple), ce dernier n’a pas encore exécuté certaines mesures, avant la levée des sanctions de la CEDEAO, toujours en vigueur : fermeture des frontières, embargo sur les échanges financiers et commerciaux.  


Des sources proches indiquent que le président de la junte a activité un processus de graduation des éléments du mouvement du 18 Août 2020. Celui qui possède désormais les galons de vice-président aurait proposé au Président de la Transition Bah N’Daw, une liste de nominations spéciales au grade de Général.
  


Le corps ciblé par Assimi Goita est celui des colonels de la junte. Il s’agirait de Malick Diaw, Ismael Wague, Sadio Camara , Modibo Koneì et l’auteur du projet désormais numéro 2 du pays. Tout indique que l’équipe de KATI souhaiterait boucler ces graduations avant l’officialisation de la liste du gouvernement de transition.
  

 

 

 Chose logique quand on sait ce que la question de grade a provoqué lors du règne de la 1ère équipe de Kati. Allusion faite au capitaine bombardé Général Amadou Aya Sanogo qui fut la star du 22 Septembre dernier, suite à un bain de foule inédit. Le débat des grades au moment de son règne s’est fait en fin de transition provoquant l’implosion de la junte de Kati d’alors. Le Président élu à l’issue de la transition de 2013 n’a pas hésité à les mettre aux arrêts. Les cadets de l’homme du 22 Mars 2012 sont plus avertis et intelligents.  

 

Ils préfèrent anticiper afin d’éviter tout amalgame alors qu’on pressent la dissolution prochaine du CNSP. Pour faire avancer les choses, le Président Bah N’Daw aurait été saisi sur la question mais le doyen voit les choses autrement : attendre la fin de la transition pour confirmer les nominations proposées.  

 

Même si celui qui conduira les destinées du pays estime que son adjoint et ses frères d’armes ont fait montre de courage et sacrifice pour sauver le pays, il préfère  s’imposer en tant que président de la transition. La question est tellement prise au sérieux qu’une concertation entre les membres du CNSP s’est tenue durant le week- end du 26- 27 octobre dernier, sur la suite à donner.  

 

L’évolution de ces concertations dans les prochains jours  permettra de se situer. Il ne faut pas oublier que la junte cherche à se mettre à l’abri. Aucune garantie n’a été faite à son endroit et toute dissolution du CNSP mettra le Colonel Goïta et ses compagnons en position de faiblesse. Afin d’éviter toute mauvaise surprise, la junte agit au maximum pour rester en position de force et éviter de décevoir le peuple malien, son équipe de transition et la CEDEAO.  

 

Thérèse Diatta Ngoboh